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Avv. Massimo Romano Avocat pénaliste
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Mandat d'arrêt international: Que faire?

L'essentiel

Un mandat d'arrêt international n'est pas une catégorie juridique unique: selon les États en cause, il s'agit d'un mandat d'arrêt européen, d'une demande d'extradition, ou d'une notice rouge. Les trois n'ont ni les mêmes délais ni les mêmes motifs de refus.

  • Hors de l'Union, la remise suit la procédure d'extradition classique, fondée sur une convention bilatérale ou sur la réciprocité, avec une phase judiciaire puis une décision de l'exécutif.
  • Une notice rouge d'Interpol n'est pas un mandat d'arrêt: c'est une demande de localisation et d'arrestation provisoire, dont l'exécution dépend du droit de chaque État.
  • Le consentement à la remise accélère la procédure mais il est irrévocable: il interdit ensuite d'invoquer les motifs de refus.
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Extradition, mandat d'arrêt et notices Interpol. Cabinet Romano, assistance en français et en italien.

Ce qu'il faut savoir en premier

La première chose à établir n'est pas quoi faire mais de quoi il s'agit. Entre États membres de l'Union, c'est un mandat d'arrêt européen: procédure judiciaire, délais fermes de dix ou soixante jours, motifs de refus limitativement énumérés. Avec un État tiers, c'est une demande d'extradition: phase judiciaire puis décision de l'exécutif, sans délai prédéterminé. Et la notice rouge n'est ni l'un ni l'autre: elle demande la localisation et l'arrestation provisoire, sans obliger personne.

De cette qualification découle tout le reste: qui décide, dans quel délai, sur quels motifs on peut s'opposer, et si le consentement est irrévocable. Répondre à la question « que faire » avant d'avoir répondu à la question « qu'est-ce que c'est » conduit à préparer la mauvaise défense.

Quelles règles s'appliquent à l'étranger

L'objet de cette page est de dire quelles règles s'appliquent, et lesquelles ne s'appliquent pas. Sur mandat arrêt international, l'autorité saisie dispose souvent d'éléments que l'intéressé ignore encore. Lorsque l'extradition et la remise interétatique à l'étranger est en cause, la documentation réunie dans les premiers jours pèse davantage que tout mémoire déposé ensuite.

Sur mandat arrêt international, ce qui coûte le plus cher est de devoir refaire ce qui a été mal engagé au départ. En matière de l'extradition et la remise interétatique à l'étranger, savoir quelles règles s'appliquent évite de fonder une demande sur un texte qui ne lie pas l'État saisi. La traduction n'est pas une formalité: elle détermine ce que l'autorité lit du dossier français.

Dans les dossiers de l'extradition et la remise interétatique à l'étranger, le cadre se lit à deux niveaux: les instruments internationaux, qui s'imposent, et le droit interne, qui les met en oeuvre avec des variantes. La coopération judiciaire est aujourd'hui rapide: l'éloignement géographique ne protège plus de rien.

Référence applicable

Hors de l'Union, la remise suit la procédure d'extradition classique, fondée sur une convention bilatérale ou sur la réciprocité, avec une phase judiciaire puis une décision de l'exécutif.

Source: instruments internationaux en vigueur, vérifiés sur EUR-Lex, curia.europa.eu et hudoc.echr.coe.int.

Le cadre commun

Les règles décrites ci-dessous valent quel que soit l'État saisi, parce qu'elles procèdent d'instruments internationaux et non du droit interne. Le référent local en précise la portée exacte.

Tab. 1 — Repères de la matière
ÉlémentValeurSource
Consentement donnéDécision en 10 joursDécision-cadre 2002/584/JAI
Sans consentementDécision en 60 joursDécision-cadre 2002/584/JAI
Prorogation motivée30 jours supplémentairesDécision-cadre 2002/584/JAI
Remise matérielle10 jours après la décisionDécision-cadre 2002/584/JAI
Seuil d'émission12 mois encourus ou 4 mois à exécuterDécision-cadre 2002/584/JAI
Double incrimination écartée32 catégories, 3 ans encourusArticle 2 § 2

Sur quoi travaille le défenseur à l'étranger

En matière de mandat arrêt international, la coopération entre autorités précède presque toujours la connaissance qu'en a l'intéressé. En matière de l'extradition et la remise interétatique à l'étranger, la procédure se poursuit en l'absence de l'intéressé et peut s'achever par une décision rendue en son absence. Le rôle du défenseur français n'est pas de plaider à l'étranger mais de garantir que rien ne se perde entre les deux procédures.

  1. Identifier l'autorité qui procède et le stade de la procédure
  2. Vérifier si une décision a déjà été rendue en l'absence de l'intéressé
  3. Réunir les justificatifs de résidence, d'activité et de situation familiale
  4. Établir avec le confrère local un partage écrit des rôles
  5. Demander l'avis aux autorités consulaires
  6. Documenter les conditions de détention dans l'État d'émission avant l'audience
  7. Solliciter l'aide juridictionnelle lorsque les conditions sont réunies

Lorsque l'extradition et la remise interétatique à l'étranger est en cause, un dossier de mandat arrêt international se juge sur ce qui a été fait dans les deux premières semaines. Les dossiers de mandat arrêt international arrivent en règle après un premier acte déjà notifié: c'est de sa date que tout dépend.

Repères applicables à l'étranger

Tab. 2 — Extradition, mandat d'arrêt et notices Interpol: seuils, délais et sources
ÉlémentValeurSource
Remise matérielle10 jours après la décisionDécision-cadre 2002/584/JAI
Notice rougeaucune valeur de mandatStatut d'Interpol
Sans consentementDécision en 60 joursDécision-cadre 2002/584/JAI
Seuil d'émission12 mois encourus ou 4 mois à exécuterDécision-cadre 2002/584/JAI
Effacement des donnéesCommission de contrôle des fichiersRègles Interpol

Les fautes qui coûtent le plus

Sur mandat arrêt international, la question du client est presque toujours « que va-t-il se passer »: la réponse utile est « qu'est-ce qui a déjà été fait ». Dans les dossiers de l'extradition et la remise interétatique à l'étranger, la première question n'est donc pas ce que dit la loi, mais quelle loi est en cause. Dans les dossiers de l'extradition et la remise interétatique à l'étranger, une expertise ordonnée d'office et non discutée oriente la décision sans contradiction réelle.

Tab. 3 — Erreurs fréquentes à l'étranger
ErreurConséquence
Ne désigner un avocat que dans un seul ÉtatLe dossier de l'État d'émission reste inexploré
Attendre la fin de la procédure pénale d'origineLes données Interpol ne s'effacent pas d'elles-mêmes
Traiter la notice rouge comme un simple avisChaque frontière devient un risque d'arrestation provisoire
Ne pas documenter la résidenceOn perd la voie de l'exécution de la peine sur place

S'agissant de l'extradition et la remise interétatique à l'étranger, les conséquences les plus fréquentes sont les suivantes.

  • Un délai laissé courir ne se rouvre qu'en démontrant l'irrégularité de la notification
  • Une condamnation définitive à l'étranger produit des effets durables en France
  • Une saisie non contestée consolide une situation difficile à renverser
  • L'accès tardif au dossier réduit la défense à une discussion sur des faits déjà fixés

Questions fréquentes

Comment savoir de quel instrument il s'agit?

Par l'État qui l'a émis et par l'acte notifié. Entre États membres c'est un mandat d'arrêt européen; avec un État tiers, une demande d'extradition; auprès des polices, une notice rouge.

Peut-on être arrêté sur simple notice rouge?

Une arrestation provisoire est possible selon le droit de l'État où l'on se trouve, bien que la notice ne soit pas un mandat. C'est ce qui la rend dangereuse en pratique.

Le délai de soixante jours est-il impératif?

Il s'impose à l'autorité d'exécution dans le système du mandat d'arrêt européen, avec une prorogation motivée de trente jours. Son dépassement n'éteint pas l'obligation de statuer.

Sur mandat arrêt international, à partir de quand court le délai?

Depuis la notification formelle de l'acte, non depuis le jour où l'intéressé en prend connaissance. Lorsque la notification n'a pas été faite à personne, des règles particulières s'appliquent et doivent être vérifiées sur les pièces.

Une procédure sur mandat arrêt international peut-elle avoir des suites en France?

Oui. Une décision définitive rendue à l'étranger peut être reconnue, figurer au casier et fonder l'exécution de la peine en France. Les deux versants se traitent ensemble dès le début.

Sur mandat arrêt international, peut-on contester une mesure déjà exécutée?

Souvent oui, mais la voie et le délai diffèrent de ceux ouverts avant exécution. La première vérification porte sur la nature exacte de la mesure et sur la date à laquelle elle a été notifiée.

Quels documents faut-il réunir?

Les actes déjà reçus, avec leur date de notification, les justificatifs de résidence et d'activité, et tout élément permettant de reconstituer la chronologie. Les pièces rédigées en français doivent être traduites.

Que se passe-t-il si j'ignore une convocation reçue de l'étranger?

La procédure se poursuit et les délais courent. La décision peut être rendue en l'absence de la personne poursuivie et ne se découvrir que bien plus tard, lorsque les voies de recours sont plus étroites et plus coûteuses.

Qui décide, concrètement, sur mandat arrêt international?

Cela dépend du stade: l'autorité de poursuite d'abord, le juge ensuite. Savoir qui décide à l'instant considéré détermine à qui les demandes s'adressent et sous quelle forme elles doivent être présentées.

Un dossier de mandat arrêt international peut-il se régler sans audience?

Selon les systèmes, des formes de règlement anticipé existent. L'arbitrage se fait en comparant par écrit la peine réellement encourue avec le temps et le risque du jugement, jamais à l'intuition.

Faut-il se déplacer pour mandat arrêt international?

En règle générale non: l'élection de domicile et la représentation par un défenseur inscrit suffisent pour la plus grande partie de la procédure. La présence personnelle s'organise lorsqu'elle est utile, pas par principe.

Sur mandat arrêt international, une décision prise sans le dossier sous les yeux se paie ensuite pendant des mois. Sur mandat arrêt international, deux affaires identiques sur le papier n'ont pas la même issue selon le moment où le défenseur intervient.

Les règles nationales varient: le référent local doit confirmer leur portée exacte.

Écrivez-moi si vous avez un doute juridiqueRéponse en 15 min · Me Massimo Romano